
Comme beaucoup, j’ai observé avec envie le mouvement initié il y a plusieurs mois par Dead Fleurette – et suivi entre autres par la plus chic de toutes, Marie – j’ai nommé l’épuration de dressing
Le concept, même s’il est bénéfique, est en revanche un peu extrême pour moi. Ou tout du moins, trop brutal: difficile de se débarrasser en une après-midi de toutes ses mauvaises habitudes de stockage et d’accumulation – pour ma part, ça ne se limite pas qu’aux fringues, je suis issue d’une longue lignée de « garde-tout ». Oh, j’ai toujours régulièrement fait du tri, hein, malheureusement jamais assez pour obtenir un dressing ultra-light.
Mais au delà du dressing minimal, ce qui me faisait fantasmer par dessus tout, c’était le dressing tout suspendu. Ça m’a toujours semblé infiniment plus pratique et joli d’avoir tous ses vêtements sur cintre. Mais à moins d’avoir une penderie extensible, ça restait quoi qu’il arrive tributaire d’un tri préalable.
Alors un jour, j’ai décidé que j’aurai la penderie de mes rêves sans attendre de me débarrasser de mes mauvaises habitudes. Ça m’a limite pris comme une envie de pisser – expression ô combien pas classe j’en conviens mais qui illustre tellement bien certaines situations – et je m’y suis attelée un soir, après le diner. Ce fut donc très rapide, et pour cause, c’était un peu de la grosse triche. Vu qu’en gros, j’ai:
1- vidé l’intégralité de mon placard
2- fait une sélection restreinte des mes fringues préférées, en essayant d’imaginer des looks, et en mixant :
- les types de fringues, forcément : jupes, jean, robes, vestes, tout.
- les coloris et les motifs : pour le rendu visuel mais aussi pour donner une plus grand impression de variété.
- les basiques et les pièces plus fortes.
Je me suis quand même autorisé une ou deux pièces vraiment jolies que je ne mettrai pas forcément mais qui m’inspirent (comme un t-shirt cerf acheté à Londres, trop court et moulant mais tellement joli…)
3- remisé tout le reste sur les étagères, en vrac et caché par des foulards (histoire de vraiment jouer le jeu pour ne plus y penser et de me permettre de mal les ranger – oh ben oui hein)
J’ai tout de même conservé une étagère pour les hauts « à mettre en dessous pour ne pas avoir froid », heattech et Cie.
4- accroché ma sélection sur cintres, en associant certaines fringues entre elles pour donner une intention de look – un peu comme dans les boutiques


Voyez comme il est beau et ne méritait pas de finir au fond d’un placard T_T
Et voilà. Grosse triche, je vous avais pas menti ! D’aucuns diront que ça ne fait que repousser le problème, et ils n’auront pas tort, mais ça l’a fait aussi avancer.
Déjà, comme je l’espérais, au quotidien c’est biiiien mieux.
- on voit tous ses vêtements d’un coup d’oeil, c’est plus rapide et pratique pour composer ses looks
- ça reste en ordre: autant les piles de fringues partent vite en vrac, autant ce qui est sur cintre ne bouge pas. Et comme suspendre est plus simple que de replier, quand j’essaye / enlève un truc le matin, je le remets sur cintre (oui, oui)
- c’est joli et ça donne envie, les vêtements étant effectivement mieux mis en valeur !
Et le cadeau bonux, c’est que ça permet de vraiment prendre conscience de ce qu’on a. Déjà, je réalise, rien qu’en observant ma penderie – et à plus forte raison après avoir éprouvé le système depuis presque un mois – que ce qu’elle contient est largement suffisant pour m’habiller (généralement, on le sait, qu’on a besoin de moins de fringues, mais là, c’est concret). Et comme j’ai utilisé tout mon stock de cintres, dès que j’achète une nouveau vêtement, ça m’oblige à en éliminer un autre. Et bien croyez-moi, ça fait réfléchir et rend l’acte d’achat moins anodin.
Quant à la sélection de fringues, et bien bizarrement, vu que le tri a été très rapide et limite instinctif, elle fût plutôt bonne ! J’ai du échanger 3-4 pièces entre penderie et étagères depuis un mois, surtout au début, mais pas plus. Je pense que lorsqu’on réfléchit trop à ce dont on va vraiment se séparer, notre sentimentalisme se réveille et nous bombarde de mille et une raisons de garder tel ou tel vêtement. Ne me séparant des choses que « virtuellement », mon sentimentalisme m’a cette fois-ci laissée tranquille, rendant le tri plus qu’efficace.
Vous l’aurez compris, ce système n’est pas une fin en soit, mais une étape vers, je l’espère, un vrai tri digne de ce nom. En attendant, je profite de ma jolie penderie et m’amuse plus avec mes fringues. Un petit pas pour le dressing idéal, mais un grand pas pour moi !

